Si vous effectuez vos premiers tours de roues dans les Vosges, ne vous méprenez pas. La douceur de ses ballons n’est qu’apparente. Le dernier dimanche du mois de juin, les participants de L’Alsacienne peuvent le confirmer en défiant la voie verte de montagne qui mène au col du Haag. Une montée longue de 11,2 km.
Le pied du col : dans le vif du sujet.
Dès le premier kilomètre, le ton est donné. Ici, pas de mise en jambes progressive. La route se cabre brusquement avec une rampe à plus de 10 % et un passage affichant même 19 % ! Pédaler en danseuse (voir notre article pour bien s’entraîner à cette technique) n’est souvent pas un choix mais une nécessité pour franchir ces premières déclivités situées juste après le ravitaillement de Saint-Amarin. Se dresser sur les pédales permet dans tous les cas de ne pas mettre les quadriceps à trop rude épreuve dès maintenant, car le sommet du col du Haag, encore invisible, se mérite. La montée sera longue.
Les dernières maisons du village de Saint-Amarin annoncent une portion un peu moins raide. Celle-ci présente un beau revêtement et l’entrée dans la forêt peut, si besoin, offrir un peu de fraîcheur. Même si vos jambes semblent répondre, un conseil : profitez de ce relâchement pour retrouver du souffle et pédaler en souplesse. La suite de la montée ne pardonnera aucun excès d’optimisme.
Le bon tempo : s’écouter
Après 2,5 kilomètres de montée se présente le premier lacet. Il faut alors :
- Trouver son tempo,
- Ajuster son braquet,
- Et, surtout, ne pas céder à la tentation de suivre le train d’un autre.
Soyez attentif à vos propres sensations et restez à l’écoute de votre souffle plutôt que du dérailleur du voisin ! La route reste régulière et le revêtement impeccable, mais la pente s’installe durablement dans les deux chiffres. Après le troisième virage, à l’intersection avec le lieu-dit « Mehrbaechle », il faut à nouveau franchir une rampe à plus de 15% sur 300 mètres, jusqu’au panneau « Geishouse ».
Geishouse : le petit répit du col du Haag
À la sortie de la forêt, le village de montagne de Geishouse offre un décor de carte postale et, surtout, un court mais salvateur répit. C’est le moment idéal pour détendre les cuisses et le dos, et procéder à un ravitaillement express. Un apport glucidique est ici judicieux, juste avant d’attaquer la deuxième partie du col du Haag. Restez toutefois vigilant et tenez bien votre guidon car le revêtement des charmantes rues du village est parfois capricieux.
En quittant Geishouse, un magnifique panorama s’ouvre à vous. Ici, un panneau rappelle qu’il reste sept kilomètres encore pour atteindre le sommet. Vous roulez sur la Voie Verte du Haag inaugurée en 2023. Elle entrera dans la légende du Tour de France à l’occasion de la 14ème étape de l’édition 2026.
Au début de cette piste cyclable, c’est l’iconique silhouette du Grand Ballon qui se dessine, reconnaissable entre mille grâce à son radôme, “boule” blanche veillant sur le ciel alsacien.
La Voie Verte : gérer jusqu’au Haag
La clé pour bien finir la montée réside dans la gestion. Le col du Haag ne se donne qu’à ceux qui savent gérer l’effort et profiter des quelques passages moins difficiles pour retrouver un pédalage fluide. Une opportunité de récupérer un peu et ne pas lutter contre le pourcentage se présentera lorsque le Grand Ballon se dévoilera une deuxième fois.
Plus haut, c’est une dernière portion de 500 mètres, quasi plate celle-ci, qui indiquera que le sommet est proche. Toute cette deuxième partie de montée s’effectue sur la Voie Verte. Même si ses bandes blanches parallèles vous mettront peut-être dans la peau d’un coureur de 400 mètres, la règle à retenir tout au long de la montée reste d’en garder sous la pédale pour le final.
Les deux derniers kilomètres : les plus durs.
Le totem qui se dresse dans le dernier virage avertit que le plus dur arrive. Le final de la voie verte est redoutable. Fini les calculs et dixit les consignes précises. Sur ces deux derniers kilomètres, chacune et chacun fera « au mieux », avec ce qu’il reste de force. Et pour les randonneurs qui ont opté pour l’assistance électrique sur les circuits de 56 kilomètres ou 75 kilomètres, c’est le moment de faire chauffer le moteur.
Les cloches des vaches vosgiennes sonnent la fin de la montée. … ouf !
Au-dessus de votre casque se profile la ferme-auberge du Haag. La voie verte débouche alors sur la célèbre Route des Crêtes. Avant de vous y engager, profitez une dernière fois du Grand Ballon, bien visible sur votre droite. Pour la descente, il faut par contre encore attendre et sillonner cinq kilomètres de Route des Crêtes menant à la station du Markstein.

